Plusieurs études montrent que le recours à un conseiller peut avoir une incidence importante sur l’accumulation de patrimoine d’une personne. Mais quel type de conseiller, précisément ? Survol rapide.

La dernière enquête menée par Statistique Canada sur les capacités financières des Canadiens révèle que moins de la moitié se tournent vers un conseiller dédié pour éclairer leurs décisions de placement. Et, bien que 41 % se tournent vers l’institution bancaire avec laquelle ils font affaire, on constate que presque tout autant de personnes s’en remettent plutôt à des proches ou à des amis qui ne sont pas nécessairement dotés des qualifications professionnelles requises.

Serait-ce parce qu’il est difficile de s’y retrouver parmi les différents types de conseillers avec qui il est possible de faire affaire? Voici quelques critères pour s’y retrouver.

Six graphiques circulaires illustrant le pourcentage des Canadiens qui obtiennent de leur information financière de l’une ou l’autre de différentes sources. Conseiller ou planificateur financier : 47 %. Institution bancaire : 41 %. Amis ou membres de la famille : 39 %. Internet : 33 %. Journaux, magazines : 15 %. Radio, télévision : 10 %.

Des titres variés

Si on exclut les sources de conseil informelles comme les amis, l’Internet et les médias, le conseil financier peut être offert par différents types de professionnels au Canada. Chacun a son titre spécifique, selon les provinces et les exigences d’attestation : représentant en épargne collective, conseiller en sécurité financière, planificateur financier, etc. Le planificateur financier, par exemple, est un conseiller qui peut dresser un plan global pour aider le particulier à atteindre ses objectifs financiers à long terme. Ce plan couvrira notamment des dimensions comme la retraite, l’assurance, la fiscalité et la succession.

L’usage des différents titres est supervisé par des autorités réglementaires. Il peut être important de vérifier à la source à quelles qualifications correspond le titre du conseiller qui nous offre ses services  – en commençant par s’assurer qu’il est dûment inscrit.

Institutionnel ou indépendant?

Les conseillers diffèrent aussi dans la façon dont ils sont rattachés à une ou des institutions financières. À haut niveau, on peut établir quatre groupes de conseiller :

  • ceux qui sont à l’emploi d’une banque, coopérative de crédit ou caisse populaire
  • ceux qui sont à l’emploi d’une compagnie d’assurance
  • les courtiers en valeurs mobilières et courtiers en fonds communs de placement
  • et, enfin, ceux qui travaillent pour des cabinets indépendants ou pour leur propre cabinet indépendant

L’offre spécifique de produits et le mode de rémunération du conseiller pourraient varier selon la nature de sa relation avec une institution financière ou avec les manufacturiers de produits.

Comment sont-ils payés?

Il existe différents modes de rémunération pour les services d’un conseiller. Plusieurs sont incorporés à la structure même du produit, par exemple un fonds commun de placement, ce qui rend parfois difficile d’évaluer la rémunération exacte du conseiller. C’est pourquoi l’industrie du placement a mis en vigueur, il y a quelques années, un relevé des frais liés à la rémunération du conseiller ou de sa firme, qui est envoyé au client à la fin de chaque année.

Dans l’ensemble, cependant, on peut dire qu’il existe trois grandes formes de rémunération :

  • la commission, facturée à la vente, à l’achat ou de façon différée
  • les honoraires de gestion, établis généralement en fonction d’un pourcentage de l’actif sous gestion
  • et les honoraires professionnels, établis sur une base horaire ou forfaitaire, pour des services spécifiques comme l’établissement d’un plan financier.

Cela en vaut-il la peine?

Plusieurs études tendent à montrer que les services d’un conseiller représentent une différence notable dans la capacité d’épargne et d’enrichissement d’un particulier. L’une des plus récentes, effectuée par le Conference Board of Canada, est venue le démontrer en confirmant les résultats d’une autre recherche canadienne effectuée quelques années auparavant. Selon les chercheurs, le recours à un conseiller pourrait permettre à un particulier d’obtenir un capital de retraite de 55 à 60 % plus élevé que sans conseiller, et une capacité de dépenser jusqu’à 25 % plus élevée à la retraite. Mieux encore, cette capacité d’enrichissement des personnes aurait aussi un effet économique plus large puisqu’il contribuerait à une hausse des profits des entreprises, à une croissance du PIB et à un accroissement des recettes fiscales du gouvernement.

Ce genre d’études permet peut-être de mieux comprendre les résultats de certains sondages, comme ceux réalisés par l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC). L’un des derniers, réalisé en 2020, montre que 84 % des répondants sont satisfaits ou très satisfaits des services de leur conseiller, et que 90 % estiment que ceux-ci valent les frais payés.

À noter, enfin, que le gouvernement du Canada a créé un site Internet pour aider les citoyens à mieux s’y retrouver en matière de conseils financiers. Ce site peut être consulté ici.

Cet article a été initialement publié sur le site Web de SFL.