Devrais-je rembourser mon hypothèque ou cotiser au REEE familial de mes 4 enfants?

Se libérer de ses dettes, c’est bien, mais parfois, elles peuvent servir de levier pour faire plus d’argent. C’est ce que nous aborderons ici alors que vous découvrirez comment une marge de crédit hypothécaire peut travailler pour vous et vous aider à financier les études de vos enfants par l’entremise d’un régime d’épargnes-études (REEE) familial.

Dans le meilleur des mondes, le remboursement de l’hypothèque est une très bonne chose à faire, surtout si le but est de diminuer ses paiements à la retraite. Avec une hypothèque payée, on réduit considérablement les dépenses mensuelles en plus d’avoir un grand sentiment d’accomplissement. D’un autre côté, avec des taux d’intérêt hypothécaires avoisinant 1,8 % fixe sur 5 ans, on est à se demander si le remboursement de l’hypothèque est le meilleur investissement à faire.

Un exemple d’optimisation du REEE familial

Voici le cas de Joanie. Étant donné qu’elle a quatre enfants, elle se demande si elle devrait payer seulement les intérêts de son prêt, qui lui coûtent 1000 $ par mois, et utiliser l’autre 1000 $ par mois (le capital remboursé) pour investir dans un REEE familial.

De prime abord, notons que plusieurs institutions offrent la possibilité de compléter l’hypothèque par une marge de crédit hypothécaire. Celle-ci fait en sorte que chaque mois où, par exemple, un paiement hypothécaire de 2000 $ est effectué, 1000 $ deviennent disponibles sur la marge pour être utilisés à des fins personnelles — ici, pour cotiser à un REEE familial.

Ces 1000 $ de capital remboursé permettent à Joanie d’économiser 1,8 % d’intérêt — rien de trop excitant à court terme. D’un autre côté, elle se dit qu’elle aimerait bien payer l’entièreté de son hypothèque dans la durée d’amortissement prévue de 25 ans pour se libérer de cette dette pour sa retraite.

Voici une stratégie dont Joanie discute avec son conseiller en gestion de patrimoine.

  • Celui-ci lui propose d’utiliser les 1000 $ par mois disponibles afin d’investir dans le REEE familial des enfants.
  • L’investissement dans le REEE lui permet d’aller chercher la subvention gouvernementale de 30 % — un vrai cadeau — pour un maximum de 10 800 $ par enfant, donc 43 200 $ au total.
  • Dans le cadre du REEE, cette subvention sera investie dans des placements qui feront en moyenne 5 % par année pour presque doubler en fin de compte.
  • À terme, les enfants se retrouveront avec plus ou moins 60 000 $ en subventions et en rendement accumulé pour leurs études postsecondaires. Ils pourront s’en servir non seulement pour les études, mais aussi pour ce qu’ils désirent, de quoi faire du bien au portefeuille des parents à ce moment.
  • De leur côté, les parents auront cotisé 36 000 $ par enfant, pour un total de 144 000 $, et avec le rendement, ils auront la rondelette somme de 200 000 $.

Joanie a quelques questions pour son conseiller.

« Comment les enfants pourront-ils utiliser l’argent à compter de leurs études postsecondaires? »

Les parents décideront de verser un montant à l’enfant de leur choix et ce sera celui-ci qui sera imposé selon son revenu. Il faut comprendre qu’au Québec, les revenus de 15 000 $ ou moins par année sont peu ou pas imposables. La stratégie consistera donc à retirer de l’argent du REEE familial à chaque année d’étude de l’enfant qui se rend le plus loin dans son cheminement scolaire jusqu’à ce que soient sortis les 60 000 $ disponibles, sans pratiquement payer un sou d’impôt.

« Comme parent, est-ce que je pourrai retirer mes 200 000 $? »

Bien que les 144 000 $ investis initialement puissent être retirés totalement libres d’impôt, la partie qui équivaut au rendement est imposable. Elle pourra cependant être transférée dans un REER ou un CELI.

Enfin, Joanie fait le calcul. Elle aura sorti 144 000 $ de son capital disponible sur l’hypothèque, soit 1000 $ par mois pendant 12 ans, et à la fin, avec le rendement et les subventions, elle aura accumulé 260 000 $ libre d’impôt ou presque. De quoi rendre l’hypothèque payante, finalement.

Après 12 ans, Joanie pourrait, si elle le désire, prendre ses 144 000 $ non imposables et payer l’hypothèque restante. Tout dépendra encore de son plan financier, car encore là, d’autres avenues seraient possibles.

Bien qu’il existe beaucoup de stratégies financières, il est de votre responsabilité d’ouvrir la discussion avec votre conseiller en gestion de patrimoine, qui travaillera en partenariat avec vous pour trouver ce qui répond le mieux à vos besoins. Si cette stratégie a du sens pour vous, notre équipe reste disponible pour répondre à vos questions.

 

Benoit Bérard
Le conseiller financier des gens aisés