Entrepreneurs, avez-vous mesuré votre « risque de santé » ?

Une forme de risque qu’on pourrait avoir tort d’ignorer.

Pour un entrepreneur, le risque est généralement une notion familière. Dans la conduite de ses affaires, un propriétaire d’entreprise doit notamment gérer son risque de réputation, son risque de crédit, son risque informatique, son risque d’investissement, ou encore le risque découlant des taux de change sur le marché des devises. Un risque en particulier serait cependant souvent négligé : celui lié à l’état de santé futur de l’entrepreneur, de ses associés ou de ses employés clés.

Un des risques négligés

Une étude menée en France, il y a quelques années, a montré qu’un entrepreneur est, souvent, bien au fait des risques financiers associés à son projet d’entreprise, mais beaucoup moins des risques non financiers : à peine un répondant sur quatre a dit avoir pris le temps de mesurer ces risques, notamment celui lié à sa propre santé.

Or, un projet d’affaires peut à la fois entraîner des risques pour la santé de l’entrepreneur – pensons au stress – et être la première victime collatérale lorsque ces risques se matérialisent.

Comprendre le risque de santé

Selon Statistique Canada, un Canadien sur trois aura une période d’invalidité de plus de 90 jours au cours de sa vie, et la durée moyenne des invalidités serait de près de trois ans. Récemment, plusieurs études ont aussi révélé la charge croissante que faisait peser le contexte de la pandémie sur la santé des entrepreneurs. Une étude californienne a même évalué que les entrepreneurs du domaine de la technologie, par exemple, avaient 50 % plus de chances de développer des problèmes de santé mentale que le citoyen moyen.

Ce qui soulève la question : que se passe-t-il lorsque la santé physique ou psychologique de l’entrepreneur, d’un associé ou d’un employé clé finit par craquer au point de le rendre inapte au travail?

Dans de telles circonstances, le danger pourrait être multiple :

• d’abord, la personne pourrait être privée de revenus si l’entreprise ne pouvait continuer de la payer;
• ensuite, l’entreprise pourrait devoir se passer de cette ressource essentielle, et ses revenus pourraient en souffrir;
• pour compenser, l’entreprise pourrait devoir faire des embauches non prévues dans son plan d’affaires;
• des clients pourraient mettre fin à leur relation d’affaires;
• et l’entreprise pourrait se voir demander de nouvelles garanties par ses créanciers; son accès au crédit pourrait devenir limité.

Comme on peut le voir, il suffirait que peu de conditions soient réunies pour qu’une maladie grave ou une invalidité devienne une crise.

Gérer le risque de santé

Un entrepreneur dispose de différents moyens pour prendre en charge son risque de santé. Voici les principaux.

• Atténuer le risque
Nul n’est à l’abri d’un malheur, mais les entrepreneurs ont souvent l’habitude de s’imposer des conditions de vie particulièrement exigeantes. C’est pourquoi la première recommandation des conseillers en management est souvent d’ordre comportemental : instaurer un équilibre entre les dimensions professionnelles, financières, familiales, sociales et même spirituelles, afin d’atténuer le poids de l’entreprise sur l’état de santé de son propriétaire, des associés et de ses employés clés.

• Se doter d’un portefeuille d’assurance judicieux
Trois types de protection sont généralement recherchés en cas d’incapacité : la protection des frais généraux, la protection des personnes clés et la protection des créances.

Les solutions d’assurance pertinentes pourront prendre différentes formes, les deux principales étant l’assurance maladies graves et l’assurance invalidité. Le principe commun est cependant le même : offrir une source de liquidités, parfois libre d’impôt, pour permettre à l’entreprise comme à la personne de composer avec la situation et d’éviter la crise financière. Caractéristique intéressante, dans le cas où la personne assurée demeurerait en santé, certains contrats de type maladies graves prévoient un remboursement des primes au titulaire de la police.

Selon la structure de l’entreprise, il pourrait y avoir plusieurs avantages à ce que certaines de ces polices d’assurance soient détenues par la compagnie, voire par la société de gestion de l’entrepreneur, plutôt que par l’individu. Dans ce cas, il est cependant probable que la portion de l’indemnité prévue pour la personne ne lui soit pas accessible en franchise d’impôt. Il pourrait donc être important de bien évaluer chaque mode de détention avec un conseiller en sécurité financière.

• Se doter d’une bonne convention d’actionnaires
Dans le cas d’une entreprise codétenue par plusieurs partenaires, la convention entre actionnaires pourrait aussi permettre de gérer la situation de façon harmonieuse. Une telle convention énonce notamment les droits et obligations des actionnaires et de la société dans l’éventualité où certains événements se produiraient – notamment si l’un des partenaires devient invalide ou décède. Le document pourrait, par exemple, assurer l’existence d’un marché si le partenaire ou ses ayants droit devaient se défaire de leurs actions, de même que les modalités de rachat et de paiement.

Comme on peut le voir, le risque de santé, tout comme les autres risques d’affaires, est aisément gérable – à condition de se doter des bons outils. Si vous souhaitez évaluer si certaines protections pourraient être pertinentes pour vous et votre entreprise, n’hésitez pas à consulter votre conseiller en sécurité financière.

 

Cet article a été initialement publié sur le site Web de SFL.

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Conseiller, Financement des clauses d’invalidité et décès dans une convention entre actionnaires
Finance et investissement, L’assurance de prendre son temps
Harvard Business Review, Covid-19 : quand la menace n’est plus seulement sanitaire
Les Affaires,  Guide de survie pour l’entrepreneur en cas d’invalidité  ; Troubles de santé mentale: les entrepreneurs sont-ils plus à risque ?
OpinionWay,  Baromètre de la prise de risque des entrepreneurs et indépendants
Raymond Chabot Grant Thornton,  Comment ça va? La question que tout entrepreneur devrait se poser
Réseau juridique du Québec,  La convention entre actionnaires

Par |2022-05-04T14:00:57-04:0024 mai 2022|Non classé|0 commentaire

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