Le REEE : pour investir dans leur avenir

Lorsqu’il s’agit des études postsecondaires futures de vos enfants, il n’est jamais trop tôt pour réfléchir à la façon dont il faudra les payer. Fort heureusement, le régime enregistré d’épargne-études (REEE) pourrait faciliter la réflexion.

Les études postsecondaires n’échappent pas à la dure loi de l’inflation : non seulement leur coût est-il élevé, mais il augmente sensiblement avec les années. En 2020-2021, selon Statistique Canada, un étudiant canadien devait s’attendre à payer environ 6 580 $ par année pour des études de premier cycle, en hausse de 1,7 % sur l’année précédente, ou 7 304 $ pour des études de cycles supérieurs, en hausse annuelle de 1,6 %.Ces chiffres peuvent varier grandement d’une province à l’autre et d’une spécialité à l’autre. Le diagramme suivant donne une idée des droits de scolarité moyens, à l’échelle nationale, selon différents domaines d’études (on peut obtenir une idée plus précise selon la province de résidence en consultant l’outil interactif disponible ici , Ce lien vous redirigera vers un site externe.). Comme on peut le voir, si on ajoute à ces coûts les frais connexes comme le logement, l’alimentation et le transport, trois ou quatre années d’études de premier cycle peuvent facilement se traduire par une facture élevée pour l’étudiant ou ses parents – et à plus forte raison si ces derniers ont plusieurs enfants.

Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) pourrait rendre cette facture plus facile à assumer. Il comporte deux grandes caractéristiques : un statut fiscal avantageux, et un programme de subventions qui bonifie substantiellement les mises de fonds du cotisant.

Un statut fiscal avantageux

Le REEE est aux études postsecondaires ce que le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est à la retraite : c’est un type de compte de placement dans lequel les revenus et les gains s’accroissent chaque année à l’abri de l’impôt, jusqu’à ce qu’on ait besoin de les retirer. À la différence du REER, les cotisations au REEE ne sont pas déductibles du revenu, mais elles donnent droit à des subventions importantes, comme on le verra ci-dessous.

Lorsque l’enfant commencera ses études postsecondaires dans un établissement admissible, les sommes accumulées pourront être graduellement retirées pour subvenir à ses besoins – droits de scolarité et autres. À ce moment, les montants correspondant aux cotisations seront considérés comme un retour du capital et se feront en franchise d’impôt. La différence, constituée des subventions et du rendement, sera considérée comme un paiement d’aide aux études (PAE) et sera imposée entre les mains de l’étudiant, qui aura probablement un faible taux d’imposition.

À noter qu’il existe des REEE individuels et familiaux et que, selon le type de régime, plusieurs personnes différentes pourraient pouvoir cotiser : les parents, bien sûr, mais aussi les grands-parents, des oncles, et des tantes, par exemple. Enfin, la limite de cotisation à vie est fixée à 50 000 $ par enfant bénéficiaire.

Des subventions importantes

Outre son traitement fiscal attrayant, un REEE donne automatiquement droit à des subventions, certaines au niveau fédéral (les programmes canadiens d’épargne-études, ou PCEE), et d’autres au niveau provincial.

Au niveau fédéral, le principal programme consiste en la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE). La SCEE comporte deux volets : la SCEE de base, de 20 % du montant cotisé sans égard au revenu familial, et la SCEE supplémentaire, qui peut ajouter de 10 % à 20 % si le revenu familial est inférieur à 98 040 $ en 2021. Au total, sur la vie du régime, on peut recevoir un montant maximal de 7 200 $ au titre de la SCEE. À noter par ailleurs que les programmes fédéraux comprennent aussi une autre mesure appelée le Bon d’études canadien, qui est destiné aux familles à faible revenu et peut atteindre 2 000 $.

Au niveau provincial, le Québec offre l’Incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE), qui peut atteindre 3 600 $ sur la vie du régime, alors que la Colombie-Britannique propose un versement unique de 1 200 $ dans le cadre de son Programme pour l’épargne-études et l’épargne-formation.

Quand beaucoup pourrait bien ne pas être assez

Bien que ces sommes paraissent considérables, il pourrait être important de ne pas perdre de vue que le coût de quatre années – ou plus – d’études postsecondaires peut l’être tout autant. Le graphique suivant illustre l’accumulation de l’actif dans un REEE auquel des cotisations annuelles totales de 5 000 $ seraient faites pour deux enfants résidents de l’Ontario. Aux fins de cette simulation, on suppose que les enfants sont séparés de cinq ans et que les cotisations débutent à la naissance du second. Elles donnent lieu à des subventions annuelles de 500 $ par enfant mais ne donnent pas droit au Bon d’études canadien. On fait également l’hypothèse que les deux enfants ne résideront pas chez leurs parents durant leurs études. Enfin, le rendement supposé est de 4 % par année, l’inflation annuelle, de 2 % et l’augmentation annuelle des droits de scolarité, de 4,5 %. (Ces calculs ont été faits à l’aide de l’outil offert sur le site Gérez mieux votre argent , Ce lien vous redirigera vers un site externe.).

Comme on peut le voir, l’actif accumulé peut sembler considérable, mais il décroît rapidement sitôt que le premier enfant commence ses études. Lorsque le second commence les siennes, le capital est insuffisant.

Pour éviter ce genre de situation problématique, il pourrait être important de planifier soigneusement l’utilisation du REEE, en particulier le montant des cotisations, le moment où on commence à les faire et le choix des véhicules de placement.

En d’autres mots, investir un peu de temps pour mieux investir son argent.

Par |2021-11-18T15:36:29-05:009 novembre 2021|Non classé|0 commentaire

Laisser un commentaire

Aller en haut