Le point sur la situation économique au 15 janvier 2012

L’année 2011 est maintenant derrière nous et c’est une année que les investisseurs voudront
oublier. La bourse canadienne TSX aura subie un recul important de -11% et plusieurs facteurs
en sont responsables, mais ceux-ci sont de nature politique ou externe au Canada. Bien que les
gouvernements de la zone Euro aient travaillé d’arrache pied à trouver une solution viable à la
crise de la dette souveraine, aucune solution « miracle » n’a été adoptée. Au États-Unis, on a
assisté à un blocage continu entre l’ état démocrate du président Obama et le congrès contrôlé
par les républicains. La résultante fût que la majorité des bourses mondiales ont subies
d’importants reculs en 2011, et la bourse canadienne a écopée par ricochet. Toutes ces
mauvaises nouvelles politiques ont pris Ie dessus sur les indicateurs de bonne santé comme Ie
niveau élevé des bénéfices et des liquidités des entreprises qui sont passés au second plan.

En revanche, beaucoup d’investisseurs sont allées vers des valeurs refuges comme le marché
des obligations qui lui aura eu un rendement de +6% au Canada, et vers les va leurs sures du
marché financiers américains (Dow Jones +5,5%) qui a été un des seuls marchés positifs sur la
planète.

La crise européenne

Au début de 2011, la Grèce a monopolisé I’attention. Les conditions exigées par les pays de la
zone Euro au plan d’aide à la Grèce, qui ont été progressivement mis en place, ont entraîné des
contestations et des boycottages de la population. Des améliorations ont été observées, mais
elles n’ont pas encore rencontré tous les objectifs fixés, ce qui a contribué au dechirement entre
les pays de la zone. Le système bancaire européen a été et est toujours menacé et les marchés
financiers en ont été perturbés.

Aussitôt l’automne arrivé, I’attention s’est rapidement tournée vers I’ltalie, troisième économie
en importance en Europe, et iI est vite ressorti que Ie problème était d’ampleur et risquait la
contagion s’iI n’était pas rapidement résolu.

L’économie américaine

La principale économie mondiale a été paralysée par Ie blocage politique opposant les
démocrates (Obama) aux républicains (congrès). Après le débat sur la dette américaine qui a
perduré jusqu’au 2 août et débloqué sur un compromis qui n’a pas régie le différent, voilà qu’un
plan axé sur la création d’emplois et financé en partie par une hausse de I’imposition des
millionnaires et des multinationales a été confronté à cette même idéologie.

Pendant ce temps, l’économie a végété avec une faible croissance du PIB, Ie taux de chômage a
stagné 11 9% et le consommateur principal moteur économique est demeuré prudent. Pourtant,
plusieurs indicateurs ont semblé pointer vers Ie positif:

  • Profit des entreprises en très bonne santé.
  • Demande de prestations de chômage en léger recul.
  • Regain inattendu des mises en chantier.

Une direction plus ferme des autorités économiques et fiscales pourrait relancer favorablement
l’économie américaine, mais cette solution passe par un dénouement ou un compromis
politique et cela risque de tarder jusqu’aux élections de l’automne 2012.

Au Canada

Même si le Canada a une économie plus saine, une stabilité politique, une stratégie budgétaire
en voie de retrouver son équilibre et la dette souveraine la plus enviable du G7, nous n’avons
pas échappé aux turbulences économiques mondiales.

C’est que notre économie repose en grande partie sur nos richesses naturelles et l’énergie. Or,
les craintes européennes affectent nettement à la baisse Ie prix du pétrole et des matières
premières y voyant une demande moindre, d’où une répercussion directe sur les marchés
boursiers, notamment Ie TSX. Ce qui a fait notre force en temps de croissance nous a affecté en
contrepartie lors de cette année remplie d’incertitudes.

II faut toutefois surveiller Ie niveau d’endettement sans précédent des Canadiens (153% de leur
revenu). Les hausses de taux futures pourraient réduire la consommation et amener une
correction du secteur immobilier.

À quoi s’attendre pour les prochains mois

  • Dans le meilleur des mondes, il serait très souhaitable qu’iI y ait une harmonisation des
    politiques fiscales, monétaires et même sodales en Europe. Ced n’est cependant pas
    fait, la majorité des pays auraient à subir une perte partielle de leur pouvoir souverain,
    mais cela se voit comme la solution à une union plus solide.
  • II est à prévoir une récession modérée dans plusieurs pays d’Europe, et ced aura un
    effet de ralentissement sur les économies un peu partout sur la planète.
  • L’économie américaine continuera sur un rythme de croissance lentjusqu’aux
    prochaines élections (6 novembre 2012).
  • Au Canada, on peut aussi prévoir une faible croissance malgré les ralentissements un
    peu partout. Notre dépendance 11 la demande mondiale des métaux de base et les
    biens industriels en est directement responsable.
  • Les taux d’intérêt bas des dernières années ont favorisé les obligations en 2010 et 2011,
    par contre les nouvelles émissions ont été et seront à des taux beaucoup plus bas et
    affecteront donc les rendements futurs. II faut donc s’attendre à des rendements
    légèrement plus faibles en 2012.
  • II faut aussi se méfier d’une hausse des taux d’intérêts en 2013 qui pourrait affecter Ie
    Canada plus que d’autres pays à cause du niveau élevé d’endettement.

Stratégie recommandée

La meilleure stratégie face au contexte actuel est de privilégier un portefeuille diversifié faisant
place à des fonds d’obligations et à des fonds d’actions de qualité, Les obligations devraient
profiter de la stabilité des bas taux annoncés jusqu’en 2013 et les actions des grandes
entreprises et de dividendes sont indiquées.

Privilégier les fonds qui génèrent des revenus, lis ont été les plus performants en 2011 et Ie
continueront en 2012.

Privilégier les fonds d’obligations aux fonds de marchés monétaires.

Limiter le contenu spéculatif et, pour un contenu étranger, privilégier les grandes
multinationales de consommation américaines.

Profiter de I’occasion pour rééquilibrer votre portefeuille selon votre profil d’investisseur. Éviter
toutefois de verser vers un excès de prudence car la situation pourrait s’améliorer rapidement.

En collaboration: Richard Desroches et Yves Gratton

Évolution des principaux marchés financiers (%)

  Canada (TSX) Dow Jones Mediane revenu fixe Canada’
2006 +14 +16 +3
2007 +7 +6 +2
2008 -35 -34 +3
2009 +30 +19 +5
2010 +14 +11 +5
2011 -11 +6 +6

PS. Cette lecture de I’économie est uniquement basée sur I’expérience et nos lectures d’articles et
d’études économiques de diverses organisations. En aucuns temps cette vision ne doit être
considérée comme garante du futur.

* Source morningstar

2 réponses à “Le point sur la situation économique au 15 janvier 2012”

  1. Autumn dit :

    Good blogging!

  2. juan dit :

    This is cool!

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